L’optimisme prudent des producteurs australiens de Nickel
- Marius Mariton
- Feb 4
- 2 min read
L'interruption d’activités minières en Indonésie a donné un nouveau coup de pouce au prix du Nickel. Mais en Australie, le sixième producteur de la ressource, l’optimisme reste prudent.
Des vents défavorables, qui ont tournés temporairement
En effet, le prix du métal a pâti d’une surproduction ces dernières années. Cela était particulièrement néfaste pour les producteurs à haut coût comme l’Australie et la Nouvelle-Calédonie, comparées à l'Indonésie et aux Philippines.
L’Australie et la Calédonie bénéficient d’un plus haut coût du travail, et l’archipel doit par ailleurs importer l’énergie nécessaire aux fonctionnement des mines, ce qui augmente le coût de l’énergie.

Malgré ce contexte, le prix du nickel se trouve à son plus haut niveau depuis environ 15 mois. Le métal a en effet bondi depuis décembre, mais reste loin des records de 2022; alors que la transition énergétique s’intensifiait, et lorsque des peurs s'installèrent concernant la capacité de la Russie à maintenir sa production.
Un rebond récent
Début janvier 2026, le géant brésilien Vale a interrompu sa production en Indonésie, dans l’attente que le gouvernement local renouvelle son permis minier. L’Indonésie, premier producteur de nickel dans le monde, cherche maintenant a limiter sa production pour soutenir le prix de ses exportations. Le gouvernement va donc mettre en place des quotas de production. Une fois décidé, Vale pourra reprendre au moins une partie de sa production, et l’évolution des prix aura aussi des conséquences pour les exportations australiennes et calédoniennes.
Les inquiétudes quant à la surproduction ne font pas les affaires de l’Australie, qui réduit ses opérations liées au nickel. Il existe en réalité peu de producteurs 100% australiens. Nickel Industries, listé à Sydney, opère en Indonésie. IGO ferme ses plus grandes mines, et laisse l’entreprise britannique Glencore comme le dernier producteur de nickel à grande échelle en Australie.
En revanche, Glencore est en discussion avec l’Australien Rio Tinto pour potentiellement fusionner tout ou une partie de leur activité. Mais c’est en réalité un autre métal utilisé dans la transition énergétique qui intéresse les parties: le cuivre.
Les prix vont-ils se maintenir? Catalystes à regarder.
BMI, un institut de recherche, place les prix du nickel autour de 15.000 dollars américains pour 2026. Leur analystes s’attendent donc à une baisse, mettant en avant une offre encore trop forte.
“Nous nous attendons à un surplus d’environ 250.000 tonnes en 2026, une légère hausse”, déclarait l’institut en décembre 2025. BMI souligne cependant que les interventions publiques sur l’offre évitent néanmoins une baisse trop massive.
Le gouvernement australien est lui aussi pessimiste à moyen terme; s’attendant a ce que les exportations australiennes de nickel atteignent seulement 49.000 tonnes par an en 2027, ce qui représenterait une baisse de 75% en dix ans.
L’institut BMI est plus optimiste pour le prix du nickel à long-terme, si le surplus de production est réduit. BMI cite la transition énergétique qui devrait soutenir les producteurs de nickel qui développent cette offre.
L’industrie indonésienne s’est notamment transformée pour produire ce type de nickel, notamment avec l’aide de capitaux étrangers depuis la Chine.



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